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AUTAN DE MOTS

DIMANCHE 16 JUIN 2019

Le matin , la balade botanique-contée s’est déroulée avec une météo très agréable et a conduit les randonneurs à travers sous bois et prairies alpines au sommet du Pic de Nore. Fleurs, arbres, oiseaux et paysages ont été photographiés et les histoires contées par Gérard Bastide ont enchanté le public qui a eu droit aussi à l’histoire de l’antenne émettrice qui couronne le sommet.

Trois lectures ont été proposées au moment du pique-nique :

Erik ORSENNA, La Fontaine une école buissonnière ; petit ouvrage qui permet de comprendre l’homme autant que le fabuliste.

Françoise SKOWRON,la vie au fil du temps ; on y rencontre une petite maison dans une prairie.

Gérard BASTIDE, le voyageur est un menteur ; un récit sur les voyages des voyageurs…

L’après midi, à la salle du Démal de Pont de Larn, l’atelier d’écriture de Mazamet qui se réunit un samedi par mois à la librairie Calligram’ (celle-ci proposait des ouvrages ayant pour sujet la nature), a proposé deux nouvelles lues par leurs auteurs et ensuite le conteur Olivier de Robert a séduit la salle par ses contes ayant pour thème les arbres et les animaux.

Une visite au Pic de NORE

Tiens, encore un groupe de Deux Pattes ! je les vois arriver régulièrement, les uns tellement pressés qu'ils ne voient rien et veulent arriver au sommet le plus rapidement possible, tellement vite que certains se mettent même deux roues entre les jambes pour accélérer le rythme ! Et les autres, le nez dans les bruyères ou les fourrés, qui, selon le début ou la fin d'un tour de terre (une année), cueillent des jonquilles ou des myrtilles ou encore cherchent des champignons ! Mon histoire ne les intéresse même pas !

Qui suis-je ? Et bien l'esprit du Pic de Nore, bien sûr ! Et j'en ai des choses à raconter !

Saviez-vous que je suis né il y a plus de 300 millions de tours de terre autour du soleil ? Oui, je fais partie du Massif Hercynien, une des plus vielles formations montagneuses de la surface terrestre ! A ce moment-là, je dominais le paysage comme aujourd'hui, à la différence que j'avais quelques 4.000 à 5.000 mètres de plus I Et on trouve encore sur mes pentes les ancêtres des huîtres qui peuplaient le premier océan !

Il faisait plutôt chaud à ce moment là, et des forêts équatoriales s'installèrent sur mes pentes. Avec un climat plus sec, ce furent des déserts qui m'entourèrent et puis il y eut plein de chamboulements avec une grande activité volcanique et après çà, pendant près de cent millions de tours de terre, je me suis retrouvé tout raplapla pratiquement recouvert par la mer. Voyez que les changements climatiques, je sais ce que c'est. J'avais plus ou moins juste la tête qui dépassait. C'était l'époque ou les animaux étaient plutôt gros : vers mon sud, je voyais des ampélosaures (Ampélosaurus atecix = le dinosaure du vignoble de l'Aude) gambader au bord de l'eau et le mamendinosaurus me volait autour de la tête m'agaçant et me chatouillant avec ses grandes ailes ! Il avait 22 mètres de long ! Dire qu'il est l'ancêtre du moineau !

Et puis, si vous croyez qu'on pouvait enfin être tranquille, loin de là ! A peine m'étais-je habitué à vivre sous l'eau qu'une fois de plus tout se mit à trembler, tellement que j'en avais le mal de mer. D'abord, j'ai été remonté par des forces incroyables en même temps que sont nées mes voisines d'en face, vers le Sud (les Pyrénées), et puis ce sont les autres vers l'Est (les Alpes) qui ont jailli de terre. Et en plus, il a fallu qu'une météorite se trompe de chemin et vienne s'écraser sur la terre, de l'autre côté, ce que les Deux Pattes appellent aujourd'hui le Mexique. On est resté plus d'un tour de terre dans l'obscurité et la poussière. Ce fut une époque terrible, car, en à peine quelques centaines de milliers de tours de terre, presque toutes les espèces vivantes, plus de 90 % ont disparu.

Il a fallu que tout se remette en place. Fini les sauriens, je ne m'en plains pas, mais c'était une bonne distraction, car ensuite tout est devenu minuscule et mes vieux yeux fatigués ont du mal à distinguer ces nouvelles bestioles. En plus, il s'est mis à faire froid, d'abord çà a commencé doucement, mais après, quel froid I Et cela, pendant des millions de tours de terre ! J'ai été complètement recouvert de glace. Cela m'a raboté la tête et depuis mon sommet n'est plus aussi pointu.

Heureusement depuis peu, environ 12.000 tours de terre, le climat s'est un peu réchauffé. Entre-temps les Deux Pattes sont arrivés !

Alors là, depuis, j'ai à nouveau des distractions ! Quels drôles d'animaux ! Ils vont, ils viennent, ils courent partout, poursuivirent d'abord les autres animaux, puis se poursuivent entre eux, inventent des tas de choses plus bizarres les unes que les autres, surtout depuis qu'ils sont de plus en plus nombreux : des objets en pierre, en bois, puis ils ont découverts tous les trésors cachés dans mon ventre, l'or, l'argent, le plomb et surtout le fer. Alors là depuis, il y a eu de plus en plus de batailles. Je les ai vus courir dans la plaine, sur les crêtes entre mon sommet et celui de mon voisin Montaut, en à peine 2.000 tours de terre, c'est à vous donner le tournis. D'abord, tout au début, ils habitaient dans des grottes, c'était plutôt paisible. Et ensuite ils se sont mis à construire avec du bois et de la pierre, çà s'était amusant ! Quand c'était construit, il en arrivait qui démolissaient le tout et ils s'entretuaient. Pendant les périodes plus calmes, il y en avait qui venaient avec des troupeaux passer la bonne saison sur mes flancs. Ce fut le temps ou tout était plein de couleurs, il y avait des fleurs partout, tous les sommets autour de moi étaient recouverts de prairies. Il y avait aussi des forêts de hêtres sur mon versant plus arrosé. Une de leurs dernières inventions, ce sont ces roues qu'ils attachent ensembles par deux ou par quatre pour se déplacer plus vite, ou bien ce ridicule appendice qu'ils ont placé sur ma tête,comme si l'on ne me voyait pas assez ! Et enfin, ces derniers instants, ils plantent partout ces petits monstres avec leurs petites ailes ridicules. C'est plutôt embêtant car çà me chatouille avec leurs ondes ! Et puis j'oubliais, depuis peu ils volent ! Ils se sont construit des petites cages volantes ! Ils s'écrasent parfois ici ou là, mais çà ne les empêche pas de recommencer et avec ces cages ils vont même sur la lune !

Sinon, pour le moment, ce serait plutôt tranquille. J'espère qu'il ne va pas y avoir d'autre grand chamboulement pendant longtemps. Certes, je me maintiens tant qu'il y a un peu de pression venue du Sud, je ne rapetisse pas malgré l'érosion, et surtout, je ne voudrais pas me retrouver sous l'eau, à mon âge, ce serait mortel ! Les Deux Pattes parlent de réchauffement climatique. Moi, cela ne me touche pas trop, j'en ai vu d'autres, n'est- ce pas ?!!

Et puis, j'aime `bien ce climat, variable, du soleil plus chaud, cela fait du bien à mes vieux os, un peu de neige pour refaire le plein d'eau, le brouillard surprise qui m'entoure brusquement et me cache dans son manteau bien douillet, tous ces vents qui me vivifient et me revigorent.

Allez, je ne vous retarde pas davantage ! Bonne promenade !

Note
Pic de Nore : l'origine du nom serait très ancienne, donné par des arrivants du monde méditerranéen (Proche Orient) et aurait un rapport avec l'eau. Signifierait soit Montagne pleine d'eau, soit Montagne près du Lac (il y aurait eu à la fonte des glaciers un lac recouvrant le plateau de Pradelles).

Juin 2019                       Pour le Pic de Nore                                Sabine Klöckner


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